Le président russe Vladimir Poutine a déclaré le 12 août que la Russie répondrait si des États occidentaux saisissaient des navires commerciaux russes, qualifiant une telle action de « piraterie et de pillage ». Lors d’un exercice de la flotte du Pacifique, il a indiqué qu’une réponse ne devrait pas nécessairement intervenir dans les mêmes eaux qu’une saisie. Selon Associated Press, l’amiral Viktor Liina, commandant de la flotte du Pacifique, a affirmé que cette force était prête à inspecter et détenir des navires servant des États que la Russie considère comme hostiles.

Il s’agit de déclarations d’intention, et non d’une réglementation russe publiée, d’un avis aux navigateurs ou d’une zone d’exclusion déclarée. Cette revue n’a identifié aucun nouvel instrument juridique russe autorisant une campagne générale contre des navires marchands étrangers. Le seuil opérationnel, la portée géographique, le fondement juridique et les modalités de commandement de toute intervention future ne sont donc pas vérifiés.

Ces propos interviennent après une extension notable des mesures restrictives de l’UE visant l’écosystème russe du transport pétrolier. Le 23 juillet, le Conseil de l’UE a ajouté 41 navires à sa liste de sanctions, portant alors le nombre de navires inscrits à 673. Le paquet a également étendu les mesures existantes contre la flotte fantôme aux navires qui la soutiennent par le soutage et d’autres services, et a visé des entités de cet écosystème, dont une agence de recrutement de marins. Les mesures concernent des pétroliers non européens associés au contournement du mécanisme de plafonnement du prix du pétrole, au soutien du secteur énergétique russe, au transport de matériel militaire ou au transport de céréales ukrainiennes que l’UE qualifie de volées.

Pour les armateurs, opérateurs, affréteurs et intérêts P&I, l’enjeu immédiat n’est pas une modification des règles ordinaires de transit, mais une hausse du risque conditionnel d’ingérence étatique. Les navires ayant un lien commercial exposé avec l’UE, le Royaume-Uni, la France ou d’autres pays peuvent faire l’objet d’un contrôle accru dans les eaux où les forces russes peuvent opérer, notamment si la cargaison, les contreparties, les escales récentes, le financement, l’assurance, le bénéficiaire effectif ou les prestataires peuvent être présentés comme soutenant l’application des sanctions ou un État « hostile ».

Pourquoi cela importe : les évaluations des risques de voyage et d’affrètement doivent distinguer la conformité aux sanctions de l’exposition à la sûreté physique. Les opérateurs devraient réexaminer les clauses de risques de guerre, liberté, déviation, détention, sanctions et force majeure ; conserver des dossiers auditables sur la propriété, la cargaison et les prestataires ; et veiller à ce que les capitaines disposent de procédures actualisées d’escalade, de signalement et de sûreté. Il s’agit d’une précaution analytique, non de la preuve qu’un navire marchand étranger a été récemment détenu au titre de la menace annoncée.

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